Paisible tête-à-tête entre Derniers des Mohicans

Mon présente article a été initialement publié, en primeur, dans la Tribune Opinions de NAM/Armenews

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Je viens de lire l’Éditorial d’Ara Toranian, Directeur de Nouvelles d’Arménie Magazine.

Je crois que je n’ai pas besoin de rappeler ici à quel point j’abhorre et exècre Pashinyan et tout ce qu’il incarne. Dès le début de son coup d’État, j’étais résolument contre, et sans craindre de ramer à contre-courant, je l’ai maintes fois et vigoureusement exprimé, en public, tous azimuts.

La majeure partie de ce qui est rappelé dans le susdit Éditorial concernant les erreurs fatidiques, les acrobaties sidérantes et les bourdes tragiques de Pashinyan, peu avant, pendant et suite à la guerre, sont fondées. Avec les conséquences tragiques extrêmes que tout cela a engendrées.

Là où le bât blesse, cependant c’est le comportement de la Russie concernant l’Arménie. Et ce, depuis ledit coup d’État même. Voire, rétrospectivement, durant les règnes de Kotcharian et Sargsyan itou. Et jusqu’à ce jour encore.

Et cela amène quelqu’un comme moi, qui avait toujours cru que, tout compte fait, le salut de la RA ne pouvait dépendre que de la Russie (hélas), à réviser profondément cette opinion. Et somme tout, à me détacher de plus en plus de ces sujets surannés.

Il conviendrait aussi de rappeler que de multiples figures politique russophiles – aujourd’hui devenus des opposants (?) -, tant en Arménie, qu’en Artsakh même, n’ont pas seulement rien fait pour contrer le coup d’État manifestement pro-Ouest de Pashinyan, mais qui ont par la suite largement et ouvertement collaboré avec lui.

Par ailleurs, ce sont les dirigeants russophiles de l’Artsakh qui se sont promptement débinés, et c’est le laquais de Pashinyan qui a été élu “président” de l’Artsakh. Dans un vaste enthousiasme des indigènes dudit lieu. Qui avaient alors eu deux années entières pour se rendre compte de la direction catastrophique, essentiellement pour leur bled, que prenait le régime Pashinyan. En dépit des quelques déclarations irresponsables, théâtrales de celui-ci, sans substance ni préparations pour les conséquences de ces pitreries, qui ont ainsi accéléré le processus de nos pertes indicibles.

Alors, comment ne pas penser que tout cela convient aussi parfaitement à Poutine. Puisque nous sommes à présent dans l’Ére du Business, du business seulement, du bizness exclusivement. À l’échelle planétaire.

La composante sud-caucasienne du peuple arménien est décidément impossible à sauver. Cela inclut tous les Arméniens de cette région qui émigrent dans d’autres pays – un nombre qui va constamment croître, un vacuum continuel compensé par l’afflux des étrangers qui reçoivent, avec une étrange facilité, la citoyenneté de la RA.

Il ne restera ainsi que la Diaspora.  Enfin, une certaine Diaspora. La bonne vieille Diaspora, classique ou traditionnelle. Tout comme ce fut le cas durant toute la période entre l’Arménie bolchévique et ce qui était censé être le rétablissement de son indépendance nationale, au sens réel de cette notion.

Mais le miracle ne se répétera plus.

Et de toute façon, trop d’Arméniens ont cessé aussi de croire en Dieu.

Haytoug Chamlian

17 mai 2026

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