Il faut savoir quitter la table…

Il ne reste que 6 mois jusqu’à la date des  prochaines élections législatives en «Arménie Réelle».

À ce jour, ni Kotcharyan ni Sargsyan, les anciens présidents de la lugubre bourgade concernée, n’ont clairement annoncé qu’ils ne seront pas candidats.

Sargsyan joue le flou. C’est son style. Genre sphinx taquin. Si le sphinx avait été lent d’esprit, et avait pris sa merveilleuse posture pour masquer cela, pour faire semblant qu’il est en état de mystérieuse réflexion.

En tout cas,  pour le troisième presidento de la république abricotière en question, on a bien vu ce qu’il en a résulté au bout du compte…

Si ça se trouve, sa motivation fondamentale pour ne pas se retirer, c’est pour réduire – s’il en est! – les chances de Kotcharian de revenir sur le devant de la scène politique.

C’est comme ça, entre ses deux. Une rivalité de villageois mesquins, obtus. À présent usés, isolés et impuissants, mais toujours forcenés. Bon pied, bon œil – lorsqu’il s’agit d’embêter tout le monde – .

Ça suffit, allez. Au dodo, les pépères !

Mais non, rien n’y fait… Ils ne veulent écouter personne. Ils ne se mettent pas à l’écart. Ils ne veulent pas comprendre que leur temps est fini. Ils ne veulent pas reconnaître cette évidence, probablement parce qu’il a très, très mal fini, leur temps. Et ils croient donc qu’ils pourraient encore se rattraper. (Dans ce sens, c’est tout à fait le même problème aussi, avec Pashinyan. Mais lui il n’est pas si vieux, et il peut encore pratiquer la fuite en avant, pendant un certain temps… Même si en avant, il ne reste plus que d’autres gouffres et abîmes…)

Alors, à tout le moins, Sargsyan laisse planer le doute.

Mais Kotcharian, lui, est très clair jusqu’ici. Il clame véhémentement, à qui voudrait peut-être l’entendre, qu’il serait le mieux placé pour (re)prendre les choses en main.

Entre autres symptômes de rupture mentale avec la réalité, il ne semble pas s’apercevoir à quel point il est fini. Même son soi-disant copain Poutine l’a laissé tomber, depuis belle lurette. Pour lui préférer déjà, tous comptes fait, un Pachinyan; auquel ledit tsar de pacotille s’est parfaitement adapté, et qu’il manipule plus aisément que tous ses prédécesseurs au poste de préfet de cet avant-poste russe. Lequel est certes réduit en ruines, mais lui servira encore de marchepied commercial. Il s’en sert déjà, copieusement, comme moyen facile de contournement des sanctions économiques de l’Occident. Il saura aussi se servir et profiter goulûment du corridor turc transperçant le Sunik.

* * *

Je n’ai jamais été un fan de Sargsyan.

En tout temps c’était un mou, un être fatigué de naissance, lymphatique, qui n’avait pas le dynamisme nécessaire pour prendre le gouvernail de cette épave de pays voulant se faire passer pour un paquebot. Peu de temps après sa prise du pouvoir, en fait, lui-même est devenu complètement une épave.

Et dès 2009, avec sa signature sous le préambule du traité de paix prématuré avec la Turquie, il est devenu clair que c’était un dangereux charlatan.

Mais depuis les dernières années, il est particulièrement difficile de supporter ses éructations – ainsi que celui de ses supporters -, à l’égard des conséquences désastreuses de «2018».

Certes, en dépit des vaines circonvolutions cérébrales de ceux qui veulent mettre tout le monde dans le même sac, le fait est que le «responsable no 1» de la perte de l’Artsakh et de milliers de vie, plus l’invasion militaire de la Turquie en Arménie même, c’est Pashinyan. J’ai mis «responsable no 1» entre guillemets, car c’est une citation textuelle. Ce sont ses propres paroles. Exprimées publiquement, à plusieurs reprises, après le dénouement catastrophique de la dernière guerre de l’Artsakh.

Mais c’est que Sargsyan, lui, n’as sûrement pas le droit d’invoquer ce fait contre Pashinyan.

Car c’est ledit Sargsyan lui-même qui est directement responsable de la réussite du coup d’État survenu à Yérévan, lors du printemps tragique de ladite année. (On avait «1915», maintenant on a aussi «2018»… Il faut utiliser ces formules pudiques et se retenir, ne pas en dire plus, ne pas expliciter les catastrophes en cause; afin de ne pas énerver les Turcs dans le premier cas, et les fanas de Pashinyan, dans le second. Alors, why not, va pour «2018» !)

C’est Sargsyan qui, en 2007, a permis à Pashinyan d’entrer à l’Assemblée Nationale – en compagnie avec sa bande d’hurluberlus – . C’est Sargsyan qui n’a pas su déceler, pour étouffer dans l’œuf – possiblement sans excès de violence… -, le mouvement d’auto-destruction nationale qui se fomentait dans le pays qu’il dirigeait depuis 10 ans. C’est lui qui a cédé et capitulé aisément, lâchement, devant l’hystérie suicidaire de la rue. Ce sont les députés de son Parti qui ont élu Pashinyan au poste de PM, au sein du parlement. C’est même lui qui a dit, textuellement, «Nikol avait raison».

Alors quoi. Il a laissé venir, il a laissé faire, il s’est débiné juste au bon moment (pour esquiver in extremis le «plan Lavrov»), et lorsque le laboratoire expérimental de l’apprenti-alchimiste Pashinyan a totalement explosé, il retournerait maintenant à ses fonctions ?

Comment appeler le capitulateur qui a capitulé devant le capitulateur avant que ce dernier ne devienne capitulateur… ?

Et dire, que Kotcharian a écrasé dans le feu et le sang la tentative de coup d’État de 2008, afin qu’une telle mauviette puisse prendre sa place sur le siège (de WC) présidentiel de ce semblant de pays, lequel n’a jamais vraiment existé. Cela n’en valait manifestement  pas la peine. (Oui, le siège de toilette est n’est pas un acte manqué, mais une allusion délibérée à un certain incident particulièrement répugnant survenu durant le règne de Kotcharian…)

(Mais à propos de 2008, c’est amusant, aussi, de voir Levon Ter-Petrosyan se fâcher périodiquement contre Pachinyan. Alors que c’est lui, LTP, qui – littéralement – a pris cet énergumène désaxé par la main, pour le faire monter sur la scène politique. Lors des événements préalables et consécutifs à l’élection de Sargsyan, qui ont abouti à la tragédie du «1er Mars». Et tout ce que Pashinyan fait à présent, cette entreprise de démolition en règle des fondements nationaux élémentaires de ce qui aurait pu être un État arménien, c’est ce que Ter-Petrosyan rêvait de pouvoir réaliser.  Lorsque l’élève dépasse le maître, c’est dur, pour ce dernier. )

* * *

Cependant, j’avoue : jusqu’aux précédentes élections générales dans le village d’hurluberlus en question, j’étais un supporter de Kotcharian. De moins en moins, à compter de sa libération de prison, mais quand même…  À la limite, je pouvais encore m’agripper à l’argument du «Moindre Mal»…

Voici tout ce que j’ai écrit, publié et diffusé tous azimuts à son sujet, de 2018 à 2020 (le lien mène à un article, sous lequel quelques autres sont indiqués) : https://haytougchamlian.blog/ռոբերտ-քոչարյան-պաշտպանողական-2018/

Dans le dernier des articles précités, en 2020, je lui suggérais déjà de bien vouloir prendre sa retraite de la politique… Mais je le faisais encore gentiment…

Il est temps à présent que j’enlève les gants, et que je le dise plus clairement : «Kotcharian, de grâce, fous le camp!». Dégage, b….l! Mais va-t-en!, pour l’amour du Ciel, évacue!, sors totalement et complètement de l’arène politique. (Et stp, emmène aussi ton garçon avec toi, à la maison. Il est certes haltérophile, mais il ne fait pas le poids, dans la fosse aux fauves où tu l’as lancé ès qualité de ton mandataire.)

* * *

Si les 2 anciens présidents susmentionnés ne se retirent pas, alors, il ne faudra pas s’étonner que, tous comptes faits, les électeurs de la «ferme des animaux» orwellien en question choisissent de reconduire le régime de leur César révolutionnaire. La masse permanente des abstentionnistes (The Sheep dans le livre susmentionné)  se chargeant de faire le reste.

En Juin 2026, si le régime actuel se reproduit de nouveau dans l’«Arménie Réelle« (ce qui est probable, hélas), ça sera en grande partie parce que Kotcharian et Sargsyan auront participé aux élections. Directement ou indirectement.

Dans le cas spécifique de Kotcharian, encore un peu, et on pourrait se demander d’ailleurs s’il ne le fait pas exprès, à cette fin même. Pour que Pashinyan reste. Et ce, sur les instructions de Poutine.

Auquel cas, le dindon de la farce, ce ne sont pas seulement les Arméniens qui croient que Pashinyan va affranchir  l’«Arménie Réelle» du joug de la Russie. Ce sont aussi les gouvernants européens anti-Russie qui soutiennent Pashinyan, en croyant que celui-ci va vraiment conduire le piteux radeau de naufragés qu’il dirige vers les Sirènes de l’Occident.

* * *

Le titre de cet article réfère évidement à la chanson de notre inégalable Aznavour. Mais en l’occurrence, pour ce qui est des individus nommément visés, on ne parle sûrement pas de la table de l’amour desservi. Mais plutôt : la table de jeu. Qu’il faut bien que le joueur quitte, lorsqu’il n’a plus de jetons. Parce que ses bluffs ne fonctionnent pas.

Malheureusement, ce n’est pas avec leurs jetons personnels qu’ils ont joué, tous. Mais avec la vie des autres, les terres arméniennes, le sort de l’État et la destinée de la Nation.

Et les ennemis des Arméniens ont raflé la mise. En ricanant. Mais eux, ils continuent la partie avec les dirigeants actuels de ce pathétique patelin. En leur imposant à présent un jeu de strip-poker. Puisqu’ils n’ont plus de jetons, mais ils ont encore leurs vêtements, sous-vêtements et chaussettes. Il y en a même un qui a un béret. Alors, ça peut continuer encore longtemps, ce jeu d’effeuillage unilatéral.

Heureusement pour Pashinyan et ses acolytes, ils ne connaissent pas la honte, ni la décence. Pas plus qu’ils n’ont le moindre sens de la dignité.

Haytoug Chamlian

12 Décembre 2025

P.S.  La FRA-«Arménie» (= la succursale spéciale des hayasdantsis de ce Parti), a non seulement élu Pashinyan au poste de PM, à l’assemblée Nationale, en 2008, mais elle a également servi dans son premier gouvernement. Celui qui était le chef du caucus parlementaire de ce parti, durant cette époque d’étroite collaboration pashinyaniste, est à présent le président du Bureau Central.

Et ce Parti, sous cette direction, est censé être une composante de l’Opposition… ?

Quoi qu’il en soit, en tout état de cause, ce Parti  vénérable, qui vient de fêter son 135ième anniversaire si je ne m’abuse, doit couper tous ses liens avec le «deuxième président» de mes deux. Au plus vite. C’est déjà trop tard sur le plan pratique, mais au moins, ça permettra aux vrais tashnags de respirer un peu.

Roi De La République Abricotière
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Diaspora-Arménie, la rupture est consommée

Pour une certaine Diaspora, l’Arménie actuelle n’aura jamais eu qu’une valeur sentimentale, idéologique, abstraite. Son soi-disant charme a toujours été créatif, inventif, relevant du romantisme.

Elle a toujours été un pays pauvre, un pauvre pays. Sous-développé à tous égards. Et dénué de toute identité collective nationale, sans laquelle, aucun pays ne peut vraiment exister. Et encore moins un État qui n’a jamais été pleinement formé.

Les paysages naturels…? Allons, trêve de balivernes. Nous savons tous que dans n’importe lequel de nos pays de la diaspora, nous en avons de meilleurs. Et de loin.

Leur cuisine ? Des grillades primitives, parfois même douteuses. Dont l’attrait fondamental réside dans le fait qu’avec le long rituel de leur préparation (ces gens-là ne travaillent, véritablement, que quelques heures jour, mais ils consacrent littéralement une journée entière à préparer laborieusement un khorovads), suivi des discours (constamment recyclés) du Damada autour de la table, tout cela fournir un superbe prétexte pour ingurgiter pendant des heures, verre après verre, leur vodka à peine buvable.

L’état d’ébriété quasi quotidien, méthodiquement entretenu, est cependant nécessaire, lorsqu’on séjourne dans ce soi-disant pays. Afin de pouvoir supporter tout ce qu’on y voit, entend, subit et endure. Et aussi, ce n’est qu’à coups de rasades d’alcool frelaté, que l’on peut trouver parfois une raison pour laquelle on aura quitté encore une fois notre vie normale et agréable, notre pays moderne civilisé, pour retourner encore une fois, pour la nième fois, passer des semaines et des semaines, dans un tel lieu inhabitable. (Dans la dédicace de son chef-d’œuvre «Le salaire de la peur», Georges Arnaud écrit : «Լe Guatémala n’existe pas. Je le sais, j’y ai vécu»…)

La population… ?  Mieux vaut que je n’élabore pas plus. Pas en intro, du moins…

En fait, pas besoin de continuer sur cette voie de réflexion, ne perdons plus de temps.

* * *

La proportion des visiteurs non-Arméniens de l’Arménie est considérable. Lorsque le gouvernement commencera à fournir des chiffres (dans tous les domaines) que l’on pourrait prendre au sérieux, un jour, nous obtiendrons peut-être cette donnée aussi.

Cela dit, bien sûr, il y aura toujours un certain tourisme arménien aussi, vers cet endroit.

Une visite furtive et ludique, superficielle, pour la plupart des Arméniens de la Diaspora originelle (ceux de la Diaspora des hayasdantsis, y vont rarement).

Dans les années à venir, ces Arméniens de la Diaspora proprement dite effectueront encore une petite visite estivale, indulgente et bienveillante, dans cette «Arménie» qui n’a d’arménien que son nom.

Ils le feront par devoir, par culpabilité, ou par recherche d’exotisme. Parce que c’est moins cher qu’ailleurs, aussi. Ils iront y prendre des photos fort appréciées, applaudies et jalousées par leurs «amis» sur Internet. Cela leur permettra aussi, au fin fond d’eux-mêmes, de réaliser à quel point ils ont de la chance de ne pas vivre là. Alors, oui, ils y feront un p’tit tour et s’en iront. La conscience apaisée, et pour ceux qui n’aimaient pas trop leur vie dans leur pays, avec de la consolation à cet égard. La plupart ne feront pas le voyage une deuxième fois.

Ceux qui y retourneront, sont ceux qui font – ou qui veulent y faire – des affaires. Du bizness. Et qui se frottent les mains depuis quelques années, en attendant la lucrative suite des choses, avec l’autostrade triomphale des Turcs qui s’en vient. Mais dont les retombées fructueuses feront une belle jambe aux villageois et autres résidents miséreux des alentours, qui regarderont passer les beaux et gros camions chargés de marchandises. Alors que de richards arméniens, si leurs comptes occultes sont en règle avec le gouvernement, se rempliront un peu plus les poches. Tout en présentant leur commerce avec les bourreaux impunis de leurs grands-parents comme une forme utile de patriotisme.

Il y aura aussi ceux et celles qui ont des ambitions politiques personnelles, dans ce pays où le plus incompétent Arménien de la Diaspora a une chance de se tailler la place que les indigènes de l’élite dirigeante voudront bien leur consentir, entre autres dans ce domaine. Ceux-là, et leurs proches, toucheront le gros lot. En payant la cotisation requise, ils s’infiltreront dans les milieux gouvernementaux, tout en profitant ou en faisant profiter leurs proches de bonnes affaires juteuses, vers l’Est et l’Ouest, en partnership avec les Turcs des deux bords. Ça sera une place de choix, à la table. «Bon appétit, messieurs!», aurait dit Ruy Blas.

Quant aux ratés de la Diaspora, qui sont «devenus quelqu’un» en émigrant dans cet avorton de pays, ils y resteront. Car rien, c’est quand même mieux que moins que rien. Pour ceux-là, c’est l’esprit du bon vieux colonialisme européen, voire la suprématie esclavagiste américaine, qu’ils voudraient bien vendre comme du patriotisme.

* * *

Et puis, il y a les autres. Les quelques autres. Qui, pour un moment,  ont vraiment, profondément, passionnément aimé ce pays. Et qui le haïssent à présent, pour ce qu’il est finalement devenu. Ou plutôt, pour ce qu’il s’est avéré être…

Nous y avons cru, comme des idiots, à la noble doctrine de «un seul peuple!, une seule nation!, etc.» La libération de l’Artsakh, et sa sauvegarde temporaire, ont entretenu cette illusion. Ou cet aveuglement volontaire, après un certain temps… Jusqu’à ce que l’on soit forcé de se rendre compte que ces mots n’avaient pas sens, dans le fond. Ce n’était qu’un autre slogan futile. Même si des Arméniens ont sacrifié leurs vies, en y croyant. Durant presque deux siècles. De 1830 à 2020, au bas mot.

Le soussigné y croyait tellement, à tous ces bobards, qu’il avait tourné le dos à sa Diaspora. Quitte à brûler des ponts, qui l’auraient sûrement amené à meilleur port que le deuil indicible, perpétuel, de toutes ces pertes incommensurables.

Après plusieurs séjours en Arménie même, avec ma famille, nous nous sommes cependant consacrés, dés lors uniquement, à l’Artsakh. Dans la mesure où, cependant, une fois que le «coup de foudre» initial s’est dissipé, il devenait évident que le salut ultime de l’Arménie, s’il en est, résidait dans la sauvegarde de ce bout de terre arménien libéré. À tout le moins, dans les domaines du développement économique et de la sécurité nationale, à un niveau minimal et vital; si tant est que toutes les considérations intangibles étaient des choses nuisibles, à rejeter et proscrire, selon les Arméniens doués d’une intelligence supérieure – dont nous ne faisons pas partie, hélas -.

Mais attentions aux autres faussetés courantes. Pour ce qui est de la doctrine nationale susmentionnée, pas seulement la masse des Hayasdantsis, mais aussi la large majorité des Artsakhtsis eux-mêmes, n’y croyaient pas. Ils n’y ont jamais cru. En fait, ils ne comprenaient même pas ce que cela signifie.

Cet amas d’opportunistes, de fraudeurs et de matérialistes, incultes et écervelés, ne connaissant, au mieux, que la loi de la Jungle, n’existant que par le seul instinct alimentaire (mais dont en tout cas  les yeux, l’estomac et les poches ne seront jamais rassasiés, durant toute leur vie, même s’ils arrivent aux plus hauts échelons de leur chaîne alimentaire), inclut évidemment les deux charlatans obtus et ridicules, mauvais bluffeurs jouant au poker avec la Destinée de la Nation, issus de feue la susdite région perdue, qui ont gouverné l’Arménie pendant 22 ans…)

* * *

En tant que baume sur la douleur infinie causée par la perte d’un être aimé, un poète aurait écrit «mieux vaut avoir aimé et perdu, que de n’avoir jamais aimé ».

Non. Cela n’est pas vrai.

Tout comme l’Arménie résiduelle n’est pas réelle.

* * *

En Diaspora, les ultranationalistes invétérés dont je suis, entre autres combats à contre-courant des mouvements moutonniers, ont farouchement gardé et défendu le drapeau tricolore de l’Arménie résiduaire actuelle.

Alors que les «défenseurs» de celle-ci, d’aujourd’hui, l’avaient formellement banni de leurs centres communautaires. Où ils nous était littéralement interdit de le brandir moindrement. Sous peine d’agression physique. Le 28 Mai, passe encore, mais pas même le 24 Avril !

Ceci n’étant qu’un petit exemple seulement, de la vaste – et manifestement continuelle – posture de cirage de bottes et de léchage de …, par les mêmes milieux, qui veulent faire passer cela pour du «bon» patriotisme.

Ils veulent bien raconter de vagues anecdotes du passé (non lointain) qui les arrangent, tout en jouant avec une analogie manifestement irrecevable avec le présent et les années 1950-70 (l’Arménie n’était pas indépendante, pas même «sur papier» à l’époque), tout en essayant de glisser sous le tapis des réalités indéniables et significatives comme celles que je viens de rappeler ci-dessous, au sujet du Tricolore.

Allez hop, exhibons une autre absurdité.

Aujourd’hui, les Arméniens de la Diaspora qui font l’apologie de l’attaque de leur Pashinyan chéri contre la personne qui occupe la fonction de Catholicos de Tous les Arméniens, ce sont les mêmes qui, dans les années 1950, rejetaient le Catholicosat de Cilicie, et faisaient le coup de feu contre les tachnags, parce que ceux-ci ne voulaient pas se soumettre au Catholicos de Tous les Arméniens.

Dans la même ligne de pensée, les Arméniens de la Diaspora sont à présent contre le Catholicosat de Tous les Arméniens, parce que cette institution serait à présent au service de Moscou. Les mêmes Arméniens de la Diaspora se canardaient avec les tachnags, dans les années 1950, pour défendre le même Catholicosat de Tous les Arméniens, qui était alors totalement asservi à Moscou !

Enfin, la cerise sur le gâteau : ces gens-là, qui ont léché les bottes staliniennes, sont à présent de farouches supporters des – vaines – tentatives de l’Arménie de s’allier aux USA !

On pourrait continuer longuement cette liste des incohérences. Mais à quoi bon… ?

* * *

En réaction à ce que l’on voudrait nous vendre, mettons cependant les pendules à l’heure.

Car ce n’est pas l’ordinateur de tous les Arméniens (surtout, sa Mémoire) qui aura fait un crash total, pour faire un reboot, avec un système d’exploitation inventif, rafistolé, en Avril 2018. Le tout, au moyen d’un formidable virus…

Ce sont les «anti-Arménie» des années 70-80 qui, dès le rétablissement de I’Indépendance (originellement établie grâce à leurs efforts, à leur action et à leurs sacrifices), ont… révélé leur présence active dans le pays concerné.

Et ainsi, après 70 ans d’opposition à l’Arménie soviétique, dès lors ouvertement, ils ont immédiatement assumé des fonctions cruciales dans la République qu’ils avaient initialement fondée. Un État arménien qui était né, qui avait ressurgi, après plus de 5 siècles de disparition totale, et qui devait retrouver son chemin, à la sortie du tunnel soviétique. (Au fait, non seulement les Arméniens sont restés Arméniens sans aucun État, durant tous ces siècles, mais ils ont vécu leur Réveil National durant cette période. Comme quoi, avec ce que l’on vit depuis plus de trente ans, avoir un État est un handicap, voire une malédiction, pour ce peuple…)

Mais non contents de ce juste retour des choses, en soi, ces anciens opposant de l’Arménie soviétique, dès le rétablissement de l’Indépendance (trop promptement, hélas…), se sont jetés corps et âme, toujours dans l’action, pour contribuer à la création d’une Arménie qui aurait été viable, qui aurait eu un véritable avenir, grâce à l’accomplissement de 1918. Dès le départ, l’Arménie  a cependant dévié de son chemin originel salutaire, lequel est à présent totalement saccagé.

La Diaspora traditionnelle ne peut pas se joindre à une telle dérive. Cela ne se fera que sur papier, avec des mots. Signé par des groupes soit inexistants, soit inactifs, impuissants et sans ressources réelles, depuis belle lurette.

Les forces vives de la Diaspora, même si elles ne sont plus ce qu’elles étaient, ne suivront pas les moutons de Panurge qui se ruent vers d’autres précipices encore (car il n’y a pas de mer en Arménie, comme dans le récit concerné de Rabelais… on ne peut donc y sauter, en troupeau, que dans des vallées désertiques, ou encore un abîme insondable d’idiotie collective).

* * *

Aucun Arménien de la Diaspora (originaire) ne dégrade l’image de l’Arménie.

Les Arméniens qui font cela, ce sont un grand nombre d’Arméniens de l’Arménie. Avec tous leurs dirigeants politiques; dès et depuis la fin de l’URSS, certes, mais c’est le dernier en date et sa bande qui remportent assurément le palme, à cet égard.

Mais le contraire est vrai. C’est tout ce beau monde du Caucase du Sud, qui, en raison du nom «Arménie» accolé à leur semblant de pays, non seulement ternissent continuellement l’image de l’Arménie, mais porte atteinte à la réputation de L’Arménien même, dans tous les pays du monde. Alors que nos parents et grands parents, à peine rescapés de l’Horreur ultime, arrivés dans nos contrées diasporiques en ayant tout perdu, portant des haillons et d’improbables baluchons, ont remonté la pente, pour devenir les citoyens les plus honorables, les plus respectés et estimés, dans tous les pays du monde.

Le contraire est vrai, dans le sens, aussi, où ce sont les Arméniens de la Diaspora qui critiquent l’Arménie, qui sont ceux qui, au premier rang, tentent – encore une fois – de sauver l’image de ce pays et celle d’une partie de sa population. Notamment, en démontrant au reste du monde que ce ne sont pas les dirigeants de ce pays, ni leur base électorale, qui représentent une Arménie digne de ce nom. Et qu’ils ne sont pas non plus, de toute façon: L’Arménien universel.

* * *

En attendant peut-être des temps meilleurs (il ne faut pas décourager les jeunes… tout en refusant cependant de leur mentir…), c’est bien simple : le soussigné ne se présente plus comme Arménien, aux étrangers.

Lorsque cela survient dans la conversation, je prends soin d’expliquer que je n’ai rien à voir avec le pays post-soviétique appelé «Arménie». Je réfère ainsi déclarer la vérité, tout simplement. Que : descendant de rescapés des massacres de Cilicie, je suis né au Liban, et que je suis Canadien depuis un demi-siècle.

Car si je me présente, de prime abord, en tant qu’Arménien, tout non-Arménien va conclure que je suis un hayasdantsi, un natif, un indigène ou un ressortissant du pays appelé Arménie. Toutes les nuances et explications subséquentes n’y changeront rien, ils ne les comprendront pas (il y a même un tas d’Arméniens qui ne le comprennent pas !). Or, je ne veux pas être confondu avec ces gens-là. Car je ne suis pas et ne serai jamais comme eux, et ils ne sont pas et ne seront jamais comme moi. Point barre. C’est la stricte vérité.

Ma patrie de naissance et ma patrie d’adoption susmentionnées sont donc certainement plus proches de moi, dans tous les sens du terme, ils font beaucoup plus partie de mon identité profonde, qu’un pays avec lequel je n’ai jamais eu de lien réel. Et avec lequel tous mes liens imaginaires aussi ont fini par s’évaporer. Sûrement pas par ma faute.

Haytoug Chamlian

15 Octobre 2025

P.S.  Puisque cet article est publié en primeur dans Armenews, un mot quand même, au sujet de la Diaspora Arménienne de France.

Je me désintéresse de qui veut devenir député, sénateur, ou fonctionnaire de je ne sais quelle officine étatique, dans ce pays autrefois superbe, mais qui n’est plus que l’ombre pathétique de ce qu’il fut. [ Le commencement de sa fin ayant débuté le 10 mai 1981 (élection de Mitterand), et sa chute étant devenue irréversible le 7 février 1992 (traité de Maastricht) ] .

Bonne chance aussi à ceux ou celles qui, par intérêt personnel (pour eux-mêmes ou pour leurs proches), veulent se servir du sujet de l’Arménie. À chacun sa conception de la vie, en ce bas-monde.

Je connais cependant un certain Ara Toranian. Avec qui j’ai certes eu un important différend, concernant le régime actuel de l’Arménie (il a été pour, pendant trop longtemps; alors que dés le début et en tout temps, j’étais résolument contre). Mais qui, après un très long parcours de militant – et à un âge où, paradoxalement à la maturité et aux connaissances acquises, tant d’autres s’adonnent aux vanités les plus risibles -, a poliment et fermement refusé la Légion d’Honneur. Pour maintenir ainsi son intégrité, jusqu’au bout.

De manière plus générale, je me dois d’exprimer aussi une certaine admiration à l’égard de ceux et celles qui pourraient partager, plus ou moins, le fond de mes propos ci-dessus (plutôt moins, que plus, je ne voudrais pas leur causer préjudice! avec les étiquettes qui me sont souvent accolées), mais qui, en dépit de ce tout ce qui est survenu, se sont retroussé de nouveau les manches, pour secourir le pays concerné. Mais pas selon les diktats honteux, déshonorants et avilissants de ses dirigeants politiques invertébrés.

Chapeau bas, à tous ces guerriers vétérans de la Diaspora, qui continuent le combat. Encore une fois contre vents et marées, à contre-courant de la masse incurable des Arméniens.

Haytoug Chamlian

19 Octobre 2025

Shoushi

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L’article ci-dessus a été publié, en primeur, dans la Tribune Opinions de NAM/Armenews : https://www.armenews.com/opinion-diaspora-armenie-la-rupture-est-consommee-par-haytoug-chamlian/

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Pashinyan et al. -vs- L’Église Arménienne

À l’intention particulière de certains «soixante-huitards» énervés de la communauté des Arméniens de France. [ Cet article est également publié dans la Tribune Opinions du site de Nouvelles d’Arménie Magazine/Armenews. ]

Les débordements anticléricaux, résolument soixante-huitards, que je lis dans une certaine Presse franco-arménienne, ont certes quelque chose d’agréablement nostalgique.

Je ne suis pas de la génération concerné. Mais la plupart des d’auteurs, des chanteurs et des acteurs Français qui ont marqué mon adolescence et le début de ma jeunesse, faisaient partie – ou se faisaient le proche écho – de la fameuse révolution bourgeoise en question.

Ô, cette mythique, que dis-je, cette mythologique «Mai 68»!

Avec ses barricades héroïque devant la Sorbonne, sa plage sous les pavés, l’interdiction d’interdire. Son «comment penser librement à l’ombre d’une chapelle?», son «même si Dieu existait il faudrait le supprimer» et autres «ni Dieu ni maître!» rageurs.

Des slogans à l’époque si vibrants, passionnés, mais aussi possiblement utiles à l’époque. Qui sont cependant devenus désuets, surannés, depuis belle lurette.

Certes, cela ne nous rajeunit pas, mais c’est comme ça…

* * *

Les arguments en cause, brandis dans ces «attaques» verbales enflammées contre l’Église Arménienne, visent à défendre les sidérantes élucubrations de l’Énergumène-en-chef qui, au nom de ce qui serait son «Arménie réelle», continue son programme de démolition systématique de tous les fondements de toute Arménie, dans un espace résiduel – voire, en sursis -, qui porte encore ce nom.

Cependant, les arguments anti-Église de certains Français d’origine arménienne sont, en l’occurrence, irrecevables. Hors de propos.

Étant donné que le soussigné ne met pas en doute la bonne foi des franco-arméniens  concernés, la seule autre explication est que leurs diatribes procèdent d’un manque de connaissance suffisante du sujet.

Permettez-moi de tenter d’y remédier. Minimalement.

* * *

Contrairement à l’Église catholique, et aussi à nombre d’autres Églises, l’Église Arménienne originelle a, fondamentalement, une vocation nationale.

Une Mission nationale. Intiment liée, en parallèle, à sa Mission spirituelle.

Cette évidence pourrait être démontrée par une multitude de données factuelles, de réalités évidentes. Mais je vais en mentionner seulement quelques-unes.

Dans l’Empire Ottoman, l’Empire Russe et l’Empire Perse, pendant plusieurs siècles, en l’absence de tout État arménien, c’est l’Église qui en constituait l’équivalent. À plusieurs égards. À tous les niveaux possibles, pour ce qui était permis; et à un niveau clandestin, autant que faire se pouvait, dans d’autres domaines.

Durant la période soviétique, dans l’Arménie actuelle – ou ce qu’il en reste -, l’Église était le garant de l’identité nationale des Arméniens.

Cela a mené notamment à l’assassinat d’un Catholicos, par l’État soviétique arménien.

Il ne s’agit pas de la théorie de conspiration se rapportant à Karekine I, à laquelle je ne porte pas foi. (Si ça se trouve, ce serviteur authentique de l’Église Arménienne, initialement Catholicos des Arméniens de l’Arménie Occidentale, qui s’est «rapatrié» ensuite, pour devenir Catholicos d’Etchmiadzine – au pire moment possible pour faire cela -, est mort de chagrin.)

Le susdit assassinat a été celui de Khoren I (d’Etchmiadzine), physiquement éliminé sur ordre du Ministère de l’Intérieur de l’Arménie soviétique, en 1938. Dans le cadre d’un plan visant à anéantir l’Église Arménienne de ladite Arménie.

Car sous le régime stalinien, au-delà du volet spécial de la Grande Purge générale, spécifiquement consacré à la destruction des églises et à la monstrueuse persécution des membres du clergé dans l’URSS («plan quinquennal de l’athéisme»), dans le cas particulier de la RSS d’Arménie, l’Église était la seule institution qui insufflait encore la conscience d’une identité nationale à la population. Ses églises constituant ainsi le seul refuge possible d’une telle identité collective distincte.

Nos soixante-huitards de la Diaspora, avec leur Pashinyan chéri et sa bande d’hurluberlus, sont donc à présent en bonne compagnie, avec Staline, ses sbires bolchéviques, sa  «Ligue des militants athées» de la RSS d’Arménie…

(Dans le sens contraire, également pour des raisons et motivations purement politico-idéologiques, sans aucun rapport avec la foi ou la religion, dans le contexte de la Guerre Froide entre les USA et l’URRS, en 1933, un prélat arménien auquel étaient attribuée des liens avec le “Commissariat du peuple aux Affaires Intérieures” (prédécesseur du KGB) a été assassiné, à New York. En pleine église. Pendant la période de Noël…)

* * *

Quant à l’autre branche de l’Église concernée, dirigée par le Catholicos de Cilicie en exil à Antélias, il s’agit d’une institution dont la vocation nationale est encore plus explicite, officielle, ouvertement et formellement déclarée.

Depuis 1863, elle opère en vertu d’un Code intitulé «Constitution Arménienne Nationale», ou «Réglementation de la Nation arménienne».

Ses instances régionales (prélatures) à travers le monde, en arménien, portent le nom officiel de «Centre de Direction Nationale», Ազգային Առաջնորդարան.

Son Catholicos est un dirigeant important et permanent de la défense et de la poursuite de la Cause Arménienne.

Évidemment sans aucun lien quelconque avec la moindre action, de 1975 à 1986, le Catholicossat de Cilicie a constitué la caution morale des combattants Arméniens, qui menaient des opérations armées contre les représentants officiels de l’État turc.

Les deux Catholicos successifs de la Maison de Cilicie, en fonction durant cette époque, ont implicitement accordé l’absolution à ces guerriers, à qui nous sommes redevables pour le fait que ni la Turquie ni le reste du monde n’ont réussi à enterrer le sujet du Génocide des Arméniens.

Dans les pays où cela était possible – dont le Canada -, les membres de clergé de l’Église Arménienne de sont chargés continuellement du soutien moral, spirituel et humanitaire de tous ces combattants qui sont restés dans les prisons, pendant de longes années. Jusqu’au bout, jusqu’à leur remise en liberté. Alors qu’un trop grand nombre d’Arméniens les avaient oubliés, ou ne voulait plus s’en rappeler…

* * *

Des nombreux membres du clergé arménien, servant la branche de notre Église située à Etchmiadzine, ont participé au mouvement – et aux combats – de libération de l’Artsakh.

Ils ont participé aussi à la dernière guerre de 2020, sur le champ de bataille. Une lourde croix sur la poitrine, le fusil à la main.

Lors de la guerre de libération de l’Artsakh, les Arméniens de la Diaspora traditionnelle – issue de l’Arménie Occidentale ou de la Cilicie, avant d’aller se battre – et pour beaucoup d’entre eux, sacrifier leur vie – dans les montagnes arméniennes, passaient d’abord par le Saint Siège du Catholicosat de Cilicie, ou par d’autres églises, pour y faire une prière, recevoir la bénédiction par un membre du clergé.

* * *

En tant qu’illustration suprême de la dimension nationale de l’Église Arménienne, dans ses deux volets fondamentaux, il suffira de terminer en invoquant ici le cas de Khrimian Hayrig.

Patriarche de Constantinople, il a dirigé la délégation arménienne au Congrès de Berlin, en 1878.

Prélat de Van, il a assumé une fonction fondamentale dans le Mouvement de Libération Nationale des Arménien. Non seulement au niveau politique mais aussi dans la lutte armée, combattante, de ce Mouvement qui a sauvé les Arméniens d’un anéantissement national autrement assuré.

Beaucoup de prêtres et de prélats participaient aux opérations de combat, durant cette époque. Les églises et les monastères servaient de lieu d’entreposage ou de transit des armes et des munitions, que les fédaïs transportaient de l’Arménie Russe vers l’Arménie Occidentale, en transitant parfois par l’Arménie Perse

(Au fait, c’est par ces moyens que les Arméniens, en l’absence de tout État, se procuraient des armes pour se battre contre des Empires. Alors que, ce qui serait un État arménien aujourd’hui, avec tous les moyens dont il dispose, et dans un monde où même des citoyens mercantiles du pays ennemi peuvent lui vendre volontiers des armes et des munitions, il n’est intéressé que par des embrassades perdues avec ceux qui ne désirent que son extermination.  Ou encore, lorsqu’il est possible de produire soi-même un arsenal – comme le fait l’Ukraine, qui a instauré sont industrie militaire non pas avant, mais durant même sa guerre de résistance contre un ennemi monstrueux. Mais passons…)

Devenu ensuite Catholicos d’Etchmiadzine, durant la dernière phase de sa vie et jusqu’à son dernier souffle, le même Khrimian Hayrig fut l’incarnation ultime du patriotisme arménien, dans l’acception universelle et pan-arménienne de ce concept, issu du Mouvement de Libération Nationale susmentionné; dont l’une des aspirations était d’établir une identité nationale commune, unique et indissociable, pour tous les Arméniens du monde («1 Nation, 1 Patrie»).

Passant de l’Arménie Occidentale à l’Arménie russe, Khrimian Hayrig y a été élu à la  fonction suprême de l’Église, ouvertement sur la base des intérêts nationaux des Arméniens. Qu’il a défendus, ardemment et activement, tout au long de sa mission ultime de «Patriarche Suprême et Catholicos de Tous les Arméniens».

* * *

Je vous fais grâce d’autres arguments implacables dans ce sujet, fondés sur des faits concrets (et non pas ces slogans éculés, ces clichés insipides que sont les arguments contraires d’usage que l’on nous sert, en l’espèce…), remontant jusqu’aux 5ième, 4ième et 3ième siècles.

Le supplice de Sourp-Krikor Loussavoritch et le martyre indicible des Quarante Vierges. Ayant permis de sauver les germes les plus anciens de la nation arménienne, autrement condamnée à un anéantissement total dans l’Empire Romain.

La résistance de Vartan Mamiguonian. Qui a perdu la guerre, certes, mais qui, au seuil  d’une assimilation intégrale par les Perses, a certainement réussi à sauver et à préserver la Foi chrétienne spécifique des Arméniens, sans laquelle ceux-ci n’auraient jamais pu aspirer même à devenir un jour, moindrement même, une nation.

* * *

C’est ça, Messieurs-Dames, l’Église des Arméniens.

Une Église originelle, ancienne, distincte et spécifique. Investie d’une mission nationale fondamentale.  

Alors, attaquez-la sur cette base, si cela vous chante. Puisque maintenant, tout est permis. Qu’il est interdit d’interdire!

Mais dans une discussion moindrement sensée, sérieuse, les arguments du genre «les prêtres doivent se mêler de leurs affaires», «l’Église ne doit pas se mêler de politique» n’ont pas de sens, en l’occurrence.

L’Église Arménienne à l’obligation de s’exprimer, elle doit savoir son mot à dire, lorsque la nation arménienne est gravement en péril.

Surtout dans la situation actuelle, en cours depuis déjà plusieurs années, où il s’est créé un vide abyssal dans le monde arménien, pour ce qui concerne une défense de notre identité nationale élémentaire. Une impuissance sidérante, une abdication pathétique, par toutes les autres composantes de la nation, à défendre celle-ci contre des assauts internes sans précédent, continuels, plus destructeurs que toute attaque par nos ennemis externes.

* * *

En tout état de cause, notre Église a toujours rempli un rôle politique fondamental.

Mais sur le plan essentiel, le conflit actuel entre Pashinyan et notre Église ne relève pas de la politique.

Il  se rapporte, tout comme dans les années 1930, à notre Résistance Nationale, assumée par notre Église. Dernier rempart, au seuil du Précipice.

Il s’agit de la défense et de la préservation de l’identité nationale arménienne, sur le sol arménien… Contre des néo-bolchéviques écervelés qui ont réussi à s’emparer du pouvoir, et à l’encontre desquels il n’y a aucune mouvance politique – ni intellectuelle ! – suffisamment forte, courageuse, capable et organisée.

Ainsi, cette fois-ci, le combat n’est pas entre l’Église Arménienne d’un côté, et le Sultan, le Tsar et le Shah  (les 3 en même temps), de l’autre.

Le conflit oppose à présent l’Institution nationale arménienne que constitue notre Église originelle, à un énergumène ignare, égocentrique, désaxé et mégalomane, qui est censé détenir entre ses mains le sort de l’Arménie et des Arméniens. Après avoir réglé celui de l’Artsakh…

Que Dieu nous sauve du diablotin.

Haytoug Chamlian

Montréal, 08 Juin 2025

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Non! à cette «Arménie»

[ Une version «adoucie» de cet article est également publiée dans la Tribune Opinions du site de Nouvelles d’Arménie Magazine/Armenews. Que voici. ]

Il y a une chose, un paramètre significatif, qu’un grand nombre de personnes d’origine arménienne ne comprennent pas.

Littéralement, ils n’ont pas conscience de cela. Cela leur échappe, cela dépasse leur entendement.

Et puisque personne d’autre ne le fera, le soussigné va exposer ici cette réalité fondamentale, actuelle et courante, qu’une trop grande majorité des Arméniens n’ont pas encore saisie.

Alors voilà.

* * *

Il y a des Arméniens dans ce monde, qui ne veulent PAS de la soi-disant «Arménie» préconisée par ses dirigeants actuels.

Ils n’en veulent plus, de ce machin.

Ils préfèrent  la disparition totale de cette fausse, factice et trompeuse «Arménie», de cette pathétique illusion d’une «Arménie»,  à son existence abstraite, vide. Insensée et dénuée de sens.

Car l’existence artificielle de cette aberration constitue un affront permanent, continuel, à l’encontre de tout ce qui avait été possible d’accomplir, au prix de sacrifices ultimes (et certainement très réels!), depuis quelque 200 ans, afin de tenter d’établir un pays digne de ce nom.

* * *

Nous sommes fortement minoritaires à être ainsi, bien sûr.

Nous l’avons toujours été. Et ce «nous» se rapporte au présent mais aussi au passé, à notre Histoire contemporaine. (J’ose espérer que personne n’aura la courte vue de confiner ces propos à seulement un milieu arménien, spécifique et particulier…)

L’Histoire invoquée ici est celle qui est enracinée dans le Réveil national arménien, amorcé dans les années 1930.

Un Mouvement international, supranational, pan-arménien, qui aura réussi à engendrer au moins ce bout de territoire nommé encore «Arménie», après quelque cinq siècles et demi de la disparition totale d’un tel nom sur les cartes géographiques en vigueur.

Car l’«Arménie réelle» dont on parle aujourd’hui, était en fait une «Arménie imaginaire».

Un rêve illogique, ridicule et nuisible, composé et prôné par des nationalistes écervelés. Pendant 2 siècles. Jusqu’à ce que République d’Arménie s’ensuive, en 1918. (Année anniversaire du début de son suicide, sur sa Place de la République, exactement un siècle plus tard…)

* * *

Pour ce qui est du présent, les quelques Arméniens qui ont encore un soupçon de rêve national, constituent une espèce en voie d’extinction.

Des dinosaures, en somme. Disposant d’un ultime sursis, alors l’impact de la météorite a déjà eu lieu, effaçant à jamais la Nation Arménienne sur cette planète. Le concept de cette Nation, seulement. Puisque celle-ci n’a jamais pu devenir véritablement une réalité.

Alors, si l’«Arménie» va être, ne va être que, cette «Arménie réelle» dont on nous bassine et qu’on veut nous faire avaler maintenant, alors nous avons le droit de penser qu’il vaut mieux que la fable se termine totalement.  Voire, de vouloir, de souhaiter ardemment cela. La suite et la fin de ce que les Tucs ont entrepris, depuis 2020. L’achèvement des travaux.

Qu’on en finisse enfin, une fois pour toutes.

Qu’il ne reste plus absolument aucun espace territorial qui porterait le nom d’«Arménie», sur la planète Terre.

Cela serait plus acceptable. Plus honnête.

Plus honorable.

* * *

Si ces propos vont offusquer qui que ce soit, eh bien, souffrez donc de noter que, pour les Arméniens que j’évoque et dont je suis, un certain discours ambiant est sûrement plus insupportable.

Au nom du pragmatisme, au nom du bon sens et de la raison, par souci de «sauver les meubles» – alors qu’il n’en reste même plus -, beaucoup d’Arméniens sont en train de louanger et de vanter les vertus de la Capitulation Absolue, de l’humiliation infligée à soi-même, de l’abdication inconditionnelle, de l’abandon éperdu à un déshonneur total, intégral et final.

On tente de faire valoir que nous devrions à présent effectuer une révérence à genoux, voire nous aplatir sur le sol, à plat-ventre, devant un ennemi multiséculaire et maintes fois génocidaire, alors même qu’il est en train de parachever sa besogne.

«Collé à l’asphalte!»… Serait-ce donc ça qu’il voulait dire, Le Pingouin surexcité, durant ses campagnes électorales tonitruantes, son petit marteau à la main… ?

Il évoquait donc l’Arménien collé à l’asphalte, qui, tête baissée vers le sol, cherche désespérément la main du Turc, pour l’embrasser et la poser sur son front.

Cette main qui tenait et maniait le yatagan,  lors de l’égorgement de ses parents…

On n’entend donc plus que l’apologie de la lâcheté, de la veulerie et de la couardise, dans l’univers piteux des perdants éternels, des pitoyables losers invétérés, que sont finalement devenus les Arméniens.

Et ce discours abject qui nous est infligé, s’exprime, de plus, sur un ton hautain et agressif. Comme si leurs auteurs  étaient exaspérés, courroucés, à l’égard de ceux et celles qui auraient l’outrecuidance de ne pas être d’accord avec leur opinion péremptoire, géniale.

Car la posture est présentée, de surcroît, non seulement comme du courage (!), mais aussi la production d’une d’intelligence supérieure, s’il-vous-plaît…

* * *

Cette posture stupéfiante relève, en particulier, d’un esprit de collaborationnisme crâneur, spécifiquement français.

Car même si vous voulez oublier l’Artsakh, veuillez au moins vous rappeler que l’ennemi a profondément pénétré, envahi, de vastes territoires qui appartiendraient officiellement à l’«Arménie», et qu’il ne s’en pas retiré, pas d’un  pas, depuis déjà 4 ans.

Et ça serait ceux qui s’insurgent contre la remise d’autres territoires, alors que cette occupation de territoires reste en place, qui seraient à critiquer. Véhémentement…

Ces territoires envahis et occupés par les Turcs, en Arménie même – dans ces 29,743 kilomètre carrés dont se contenterait volontiers Pashinyan (car toute cela constitue sa propriété foncière privé, n’est ce pas? en vertu du mandat que le peuple lui confié…), ces territoires ne vont nullement être évacués par l’envahisseur, pas même d’un pouce, avant la signature du traité de «paix» que le gouvernement arménien est tout à fait disposé à signer immédiatement. Si les Turcs le veulent bien…

Il va les récupérer comment, ces vastes parcelles de son jardin personnel de 29,743 kilomètre carrés, après avoir signé son  traité de paix ?

Il va procéder comme il l’a fait, pour l’exécution des obligations fondamentales contractées et signé par les Turcs, dans le document du 09 Novembre 2020… ?

Ne serait-ce que sur ce point, Vichy avait fait mieux qu’Erevan, quand même…

Grâce à l’intelligence, la rationalité, le pragmatisme éclairé et l’infinie sagesse de Pétain, les frontières officielles de la France n’avaient pas été définitivement modifiées.

Il y avait encore une ligne de démarcation, et tout restait encore à définir, à déterminer.

Et ce, à cause de ces imbéciles de résistants (une infime minorité obtuse de la population), qui ne voulaient pas se rendre à l’évidence. Se résigner à l’idée d’une France Réelle…

Alors, pour l’«Arménie» résiduaire aussi, vous voulez maintenant appeler la Paix, ce que Le Joker veut signer, en suppliant les Turcs d’accepter cette signature ?

Pourquoi pas.

Après tout, c’était la Paix aussi, notamment à Paris, lors de l’occupation nazie. Suite à la fameuse guerre-éclair. Laquelle aura été certainement moins vaillante, sûrement moins héroïque, que celle que nos enfants ont mené en Artsakh.

Mais bon, lorsque ce sont les Français raisonnables et  sensés qui avaient courbé l’échine (pas difficile, lorsqu’on n’a pas de colonne vertébrale), qui s’étaient agenouillés,  pour embrasser les bottes noires luisantes de l’ennemi, ce n’était pas tout à fait la paix, pour les Français de religion juive…

Mais ça, oh, ça ne compte pas!!

Pas plus que le sort des Artsakhtsis, ces faux Arméniens, n’a de l’importance pour les Arméniens de l’«Arménie». Les seuls vrais Arméniens. Les Arméniens Réels…

* * *

Il n’y a pas eu de trahison de la part de Monsieur Pashinyan, non.

Des erreurs monumentales, certes, mais pas intentionnelles.

Et cela même, ce n’est pas de sa faute. Car ce sont les Arméniens qui l’ont porté au Pouvoir Absolu. Avec des cris de joie.

Il n’est donc pas un traître. Il ne l’a jamais été.

Même pas, hélas…

Car il est simplement un idiot.

Et cela était aisément décelable, c’était une évidence manifeste, de notoriété publique, bien avant 2018. Depuis au moins 2007.

Il eût été tellement préférable que ce soit un traître qui ait réussi à faire croire, à autant d’Arméniens, qu’il était le sauveur de l’«Arménie». Plutôt qu’un simple d’esprit…

* * *

Oui, bien sûr, les anciens régimes politiques en Arménie ont leur part importante de responsabilité, dans la Catastrophe infligée aux Arméniens.

Ils ne méritent en aucun cas un quelconque retour au pouvoir, sous quelque forme et dans quelque mesure que ce soit. Cela serait profondément injuste.

Et oui aussi, j’aurais dû être moins indulgent à l’égard desdits régimes passés.

Mais ils m’avaient bluffé. Ils étaient un bluff. Tout comme leur maître monstrueux de Moscou.

Mais le patriotisme est quand même une forme d’amour, et l’amour rend aveugle. Il peut même inciter à détourner ou à fermer les yeux volontairement, sciemment. Et les charlatans en profitent, sans vergogne. En tout temps et partout.

Mais ma position en question était aussi motivée par l’espoir, par l’optimisme, par la patience. Par la confiance en l’avenir. Le tout, conjugué à un travail réel, continuel et de longue durée, de longue haleine, sur le terrain.

Il y avait de la prudence élémentaire, aussi. Et cela, au moins, était pleinement justifié, telle que la suite des choses l’a démontré, hélas.

Alors que beaucoup d’Arméniens de la Diaspora ont agi de manière cavalière et irresponsable, en apportant leur soutien – au nom de concepts et de grandes idées – à un mouvement qui était manifestement dangereux pour l’Arménie, et dont les conséquences catastrophiques allaient affecter seulement les populations de l’Arménie et de l’Artsakh.

* * *

Mais la différence fondamentale entre l’aveuglement volontaire des amoureux de l’Arménie d’aujourd’hui, versus ceux d’avant, c’était : l’Artsakh. Il y avait au moins cette circonstance atténuante…

Alors que, à présent, il n’y a ni Artsakh, ni une Arménie qui serait suffisamment démocratique, véritablement lavée de la corruption systémique, fondée sur une réelle Règle de Droit, etc.

Vous avez beau tenter de vous «consoler» en imaginant de telles avancées de l’«Arménie» depuis 2018, en vous gargarisant ad nauseam de ces jolis mots. Le fait est qu’il n’en est rien. Si vous n’êtes pas de mauvaise foi, vous le constaterez aisément, pour peu que vous suiviez de près se qui ce déroule là-bas…

En tout état de cause, cela ne sert à rien de tenter de vendre cette salade au reste du monde. Personne n’est dupe.

Le dernier coup d’État (en date) à Erevan n’aura fait que désintégrer totalement le peu d’État même, plus ou moins en gestation, qu’il y avait auparavant.

Quant au fameux «pillage» commis par les anciens régimes, 7 ans plus tard, on attend toujours des procès, des jugements.

Alors que le régime actuel détient tous les moyens et les leviers pour déposer des accusations, les prouver adéquatement, et obtenir des condamnations judiciaires.

Mais lorsqu’il arrive, à l’occasion, que Pashinyan exerce lesdits moyens de son soi-disant «État», il ne le fait que pour des motivations personnelles, à des fins de politique internes. Pour s’accrocher à son Fauteuil bancal de dictateur de papier.

Et en conséquence, les procédures se terminent en eau de boudin, dès lors que le danger au Trône de Sa Majesté est écarté par ses policiers, son Parquet, ses soi-disant magistrats et juges.

On est loin des discours enflammés sur la Place de la République, sous les vastes ovations…

Tout compte fait, la Nouvelle «Arménie» post-2018, tout comme l’ancienne, constituent essentiellement la même supercherie.

Mais maintenant avec, en moins, l’Artsakh. Et en plus, plusieurs milliers de morts et de blessés graves.

Un «pays» encore plus pauvre et chaotique. Plus invivable que jamais.

Avec un avenir absolument bouché, à tous égards, et dans quelque cas de figure que ce soit. Sauf pour ceux qui prétendent rêver maintenant, tout en blâmant les rêveurs d’avant, pour les conséquences de leur propre turpitude.

* * *

Que vaut vraiment une «Arménie» indépendante, qui s’apprête à renier, à annuler… sa Déclaration d’Indépendance! Le texte fondateur même de son indépendance. Et ce, pour satisfaire les Turcs.

Une «Arménie» souveraine ? Avec une Constitution qui  lui est ordonnée, littéralement dictée, par les Turcs…

Une «Arménie» digne de ce nom? Avec prochainement une autostrade turque, une voie extraterritoriale appartenant aux Turcs, reliant l’Azerbaïdjan, le Turkmenistan, l’Ouzbékistan, le  Kirghizistan et le Kazakhstan à leur Mère-Patrie que l’on sait.

Une réalisation magistrale, triomphale, du Grand Rêve pantouranien. Tiens, les Turcs aussi avaient donc des rêves.

Ils ne se contentaient pas de leur «Turquie réelle».

* * *

Après tout ce qui vient de survenir et qui se déroule encore, il est sidérant de voir encore autant d’Arméniens, incluant des personnes pourtant intelligentes et cultivées, qui continuent à applaudir, à encourager, à «soutenir» l’étrange énergumène en question.

Alors qu’il a pourtant admis lui-même, à plusieurs reprises et textuellement, être «le responsable numéro 1» de la Débâcle. De la phase initiale et fondamentale de la Déconfiture nationale des Arméniens, toujours en cours.

Connaissez-vous un peuple, du moins dans l’Histoire moderne, qui aurait réélu le même régime, le même dirigeant en chef, dans des circonstances similaires – voire seulement comparables -, après Novembre 2020… ?

Et ce, en lui réattribuant 100% des sièges qu’il pouvait légalement obtenir au Parlement.

Vous ne ressentez pas de la gêne, de la honte, alors que le monde entier voit tout cela… ?

Non?

Ah bon…

* * *

Le monde ne lèvera pas le petit doigt – moins que jamais! mais à présent avec raison, à juste titre -, pour soutenir ou défendre moindrement un tel peuple.

Un peuple qui se complaît à ce point dans la défaite, dans l’opprobre, dans le constant abaissement et rabaissement de soi.

Qui se délecte dans sa lâcheté. Qui prend plaisir à cracher sur son Histoire, à exprimer ses insultes, son mépris et son affront contre ses propres racines, la mémoire de ses ancêtres, de ses grands-parents mêmes.

Tout cela, au nom d’un «avenir» inventif.

Que ledit peuple croit être réel, par ce que son Dirigeant Suprême le lui dit. Un avenir qui n’existe que dans le cerveau détraqué de son inventeur, et que celui-ci croit astucieux et malin d’opposer à ce qu’auraient été les anciens rêves stupides, absurdes, des Arméniens dotés d’un sens élémentaire de la Nation. Et qui seraient ainsi la cause première et ultime de tous nos malheurs…

Encore un peu, et on va nous expliquer que les vraies victimes, dans le fond, ce sont le Turcs.

* * *

C’est cette projection farfelue dans un futur radieux, dont Pashinyan se sert pour envoûter ses adeptes, qui constitue la véritable chimère. Un bien triste mensonge envers soi-même.

Comme un agonisant sur son lit d’hôpital, qui ne reçoit plus qu’un traitement de soins palliatifs, et qui, aux derniers moments fatidiques, dans un dernier spasme de vitalité hallucinatoire, planifie son retour à la maison, ses jours de joie et de plaisirs à venir.

Au train où vont les choses, cet «avenir», en tout cas, existe sûrement moins, que la plus imaginaire des aspirations nationales des Arméniens.

Alors que sans lesdites aspirations, non seulement il n’y aurait jamais eu une libération de l’Artsakh, mais l’Arménie actuelle même n’aurait jamais existé.

* * *

Le jusqu’auboutisme des patriotes purs et durs a certes échoué. Lamentablement. Ainsi soit-il.

Mais il faut noter que pour les plus candides d’entre nous – dont le soussigné -, cette position maximaliste était alimentée et entretenues par des représentations fausses et fallacieuses, spécifiquement au sujet des capacités militaires de l’Arménie. Avec, en prime, l’évocation systématique d’une garantie de sécurité se rapportant au Grand Frère russe…

Cependant, depuis quelques années et à présent, c’est l’extrême opposé de l’intransigeance nationaliste qui domine, plus que jamais, dans l’univers en décomposition des Arméniens.

La doctrine de la soumission totale, des concessions unilatérales, sans réserve et sans limites. Et voilà qu’un cas extrême du syndrome de Stockholm aigu devient une politique gouvernementale. Non seulement sans résistance significative, mais avec l’assentiment de toute la horde de moutons rasés.

Or, ce que les vaillants supporters de cette capitulation vertueuse ne comprennent pas, ne veulent pas comprendre, c’est que rien de tout cela ne pourra mener à une paix réelle, durable, définitive.

* * *

Le seul mérite, l’unique accomplissement de Pashinyan, aura été de révéler au grand jour ce que sont vraiment, ce que sont finalement devenus, les Arméniens. Il vaut mieux ne pas en dire plus, allez…

En dépit du béret kémaliste et du vélo de ce mini-dictateur en herbe (“lion” enragé à l’interne, agneau tremblotant à l’externe…), cette «Arménie» résiduelle ne sera jamais européenne.

Piégé dans le Caucase du Sud, soviétisé à tout jamais – à un niveau génétique -, dénué de toute capacité de se retrouver dans une identité nationale collective, contaminé par la russification la plus toxique, ce semblant de pays ne rejoindra jamais l’UE. Si tant est que celle-ci réussirait à survivre à sa répudiation par une Amérique réveillée.

Alors que : la Russie s’est cassée les quelques dents branlante qu’elle avait, en Ukraine, l’Iran est manifestement moribond, et la Syrie a été offerte sur un plateau de sang à la Turquie.

Bref, l’Empire Ottoman a finalement gagné. Haut la main.

Et la tentative précipitée, irresponsable, aventuriste et puérile de libérer ce semblant d’État du joug de la Russie, aura eu pour effet direct de la jeter dans les bras de la Turquie.

Lorsque la Diaspora occidentale, se la coulant douce dans ses paisibles contrées, a soutenu, applaudi et encouragé l’auto-destruction de ce pays, a-t-elle pensé aux conséquences… ?

Mais pourquoi l’aurait-elle fait, puisque cela ne la concerne pas…

* * *

Personnellement, depuis déjà 4 ans, tous mes efforts visent à m’éloigner et à me détacher au maximum de tous ces sujets. Car ils ne sont plus qu’une source de douleur insoutenable, et rien d’autre.

Cependant, il reste encore des Arméniens comme celui que je fus, en ce bas monde.

Et eux, ils y croient encore… Car ils n’ont pas d’autre choix…

Si vous estimez que vous avez une chance de sortir de ce pétrin final, sans ces Arméniens, voire en vous attaquant à eux, alors allez-y. Continuez ce que vous faites; ou plutôt, ce que vous dites, seulement, puisque de toute façon personne ne fait plus rien.

Et bonne chance.

Aux Turcs.

Haytoug Chamlian

14 Avril 2025

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