Je me souviens…

«Je me souviens» est la devise du Québec, établie vers la fin du 19ième siècle. Elle est gravée sur de nombreux monuments commémorant l’Histoire ou l’État du Québec.

Depuis 1978 et jusqu’à ce jour, cette devise lourde de sens est inscrite sur la plaque minéralogique de tous les véhicules immatriculés sur le territoire du Québec.

* * *

Le 14 Juin est la date de la Fête Nationale du Québec.

Alors voilà, moi aussi, je me souviens..

Le vote ethnique fait ce qu’il peut (Octobre 2015) octobre 2015

Le Québec aux Québécois, assurément (mais lesquels… ?) mai 2015)

L’argent !, et puis… juin 2015

Et voici, le poème (j’avais 22 ans) que j’avais composé et publié dans le journal des étudiants de la Faculté de Droit de l’UdeM [Le Pigeon Dissident, no du 23 novembre 1987], lors du décès de René Lévesque :

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en PDF : https://haytougchamlian.blog/wp-content/uploads/2026/07/poem-levesque.pdf.pdf

* * *

Un authentique pur et dur, René Lévesque. Le Premier (et le Dernier) Des Mohicans. En l’espèce, le seul dirigeant digne de ce nom. Le seul qui y croyait vraiment, de manière absolument désintéressée, sans aucun rapport avec la politique.

J’ai punaisé aussi cette coupure de presse dans la salle des enseignants de l’École Arménienne Sourp-Hagop de Montréal, sur le tableau en liège. Car pendant un certain temps, je percevais de profonds parallèles entre le nationalisme vertueux des Québécois et celui d’une minorité d’Arméniens. J’y croyais aussi, ardemment. Aux deux.

J’ai cessé de croire au premier en 1995. Au deuxième, en 2018.

Haytoug Léon Chamlian

24 juin 2026

P.S.

إذا الشعب يوما أراد الحياة *** فلا بد أن يستجيب القدر

Iza al-sha'bu yawman arada al-hayat
Fa la budda
an yastajiba al-qadar
(Si un jour le peuple exige la vie,
il ne reste au Destin qu’à obtempérer)
Abu al-Qasim al-Shabbi, 1933

Articles sur le même sujet général :

Le vote ethnique fait ce qu’il peut (Octobre 2015)

L’argent !, et puis… (juin 2015)

Le Québec aux Québécois, assurément (mais lesquels… ?) ( Mai 2015)

Articles (FR) / Index

Entrée Principale

Le vote ethnique fait ce qu’il peut

(Chronique radiophonique, version audio; texte ci-après)

Dans la dispute de famille interminable au Québec, le vote ethnique fait ce qu’il peut, pour la souveraineté.

Réflexion d’un “importé” qui ne veut pas raser les murs.

Eu égard aux nom et prénom que je porte, la prudence et la sagesse m’enjoignaient à ne pas écrire ce texte. Et ce, même si j’aurai vécu 33 de mes 49 ans d’existence au Québec.

Cependant, en entendant les quelques déclarations éparses de quelques candidats – élus ou défaits – du Parti Québécois, à propos de ce qu’il est advenu de leur Parti lors des récentes élections provinciales, je ne peux m’empêcher de vous soumettre ce commentaire élémentaire.

Il convient de souligner ici que ni La Presse ni Le Devoir n’ont voulu publier ce texte. Mais c’est normal, puisque ces médias traditionnels sont surtout très forts en matière de monologue, mais très peu enclins au vrai dialogue démocratique. Ils sont là pour qu’on les écoute, point barre. Ils ont réussi à devenir pire que certains politiques véreux – tout un exploit ! – .

Par un manque de jugeote supplémentaire, je soumets donc maintenant ce texte à Vigile.net. S’il devait y être publié, il me reste à espérer que ses lecteurs habituels passeront outre une interprétation précipitée et épidermique de son contenu, pour comprendre plutôt que, dans le fond, mon propos est une contribution – sincère, franche et honnête – à un vrai débat sur l’état actuel et l’avenir des aspirations souverainistes au Québec.

Pour le moment, l’attitude des membres du Parti Québécois semble être de blâmer pratiquement tout le monde – voire, le monde entier – pour les résultats desdites élections, sauf eux-mêmes.

Certes, ils ont raison de dire qu’il y a eu de vils et méchants “jeux” électoraux (ça a joué particulièrement dur et sale, en effet), ils ont le droit d’alléguer que des médias leur ont nui (le soi-disant “quatrième pouvoir” fait souvent des siennes, et il est loin – lui aussi… – d’être indépendant), ils ont même le droit de clamer qu’ils ne méritaient pas ce qu’ils ont subi lors de ces élections (hélas, la vie est souvent injuste), tout cela, c’est bon, soit. C’est compréhensible. C’est même normal, en tant que première phase de réaction à une situation grave, douloureuse et traumatisante.

Mais lorsque le moment viendra de procéder à des analyses plus sereines et sérieuses, espérons que le fameux “vote ethnique” ne sera pas encore une fois le bouc émissaire tout désigné, en la matière.

Tout de suite une précision : j’ai résolument voté OUI au référendum de 1995. Ainsi que plusieurs membres de ma famille (la plupart des autres se sont abstenus). Je ne l’ai jamais regretté. Aussi : il est indéniable que la vaste majorité de Néo-Québécois sont fédéralistes. Mais là n’est pas la question. Du tout.

Le problème fondamental, pour les indépendantistes, c’est qu’au sein même de la population québécoise-francophone-de-souche, dite “pure laine”, deux référendums sont venus établir que la proportion de ceux qui veulent vraiment que le Québec devienne un pays distinct ne dépasse pas, au maximum, 35%. La référence de ce – généreux – calcul étant deux référendums, tenus dans les meilleurs “conditions gagnantes” possibles, il s’agit bien d’un maximum…

Ainsi, lors du référendum de 1995, si seulement et uniquement les Québécois francophones de souche avaient voté, le résultat aurait été largement pire, pour le Oui… Par conséquent, lors de ce deuxième rendez-vous manqué du Québec avec l’Histoire, le vote ethnique a clairement bénéficié à l’option souverainiste, puisqu’il a permis d’accroître le 35% maximal du vote francophone de souche à cet égard, pour l’approcher tout près de 50%

Ajoutons aussi que, à travers toute l’histoire contemporaine du Québec, les Québécois qui ont combattu le plus farouchement possible les souverainistes, les Québécois à qui le Canada est redevable du fait qu’à ce jour le Québec ne soit pas devenu un État totalement indépendant, les Québécois plus royalistes que la Reine et plus-fédéralistes-que ça-tu meurs, eh bien, ce sont des Québécois-francophones-de-souche, portant notamment des prénoms beaucoup plus faciles à prononcer ici que celui du soussigné, en l’occurrence, Pierre (“-Elliott”, c’était apparemment pour faire chic; à ce compte-là, j’aurais pu sortir aussi mon deuxième prénom légitime, “-Léon”, trait d’union compris, même…), Jean, Stéphane, Robert, un autre Jean encore, etc., etc.

Bref, si aujourd’hui, tout comme lors dudit référendum de 1995, les Péquistes purs et durs vont borner leur réflexion, leur ire et leur courroux, concernant la question de la souveraineté du Québec, à la dénonciation et à la condamnation hâtives et sans appel des Néo-Québécois fédéralises, ça serait vraiment dommage. Car ils manqueront alors une autre occasion de comprendre la situation et de saisir la réalité. Si tant est qu’ils sont intéressés à le faire…

Car leur vrai problème, c’est que dans l’Histoire du monde et à travers toute la géographie terrestre, il n’y a pratiquement pas une région où un référendum sur l’indépendance nationale aura eu lieu, et où le peuple originaire, indigène (au sens premier et strict du terme), ne s’est pas empressé de voter OUI, dans une proportion massive et écrasante, quelque part entre 85% et 99%.

Le problème primordial, fondamental et prioritaire des Québécois francophones de souche qui veulent la souveraineté totale du Québec, ce sont les Québécois francophones de souche qui n’en veulent pas. Et c’est donc là-dessus qu’il faudrait concentrer en premier lieu l’étude de la problématique en cause, avant d’aller chercher autre chose, ailleurs. Chez les autres…

J’aimerais terminer ce commentaire en soulignant que j’ai beaucoup de chance de pouvoir vivre dans une société où, dans le contexte actuel même, quelqu’un qui se trouve dans mon cas peut écrire un texte comme celui-ci, sans mettre en péril sa sécurité physique. Et ça, ça ne changera jamais, dans notre Québec.

Haytoug Léon Chamlian

Octobre 2015

P.S. Et voici, in fine, le petit poème (j’avais 22  ans…) que j’avais publié dans le journal des étudiants de la Faculté de Droit de l’UdeM, lors du décès de René Lévesque

Un authentique pur et dur. Le Premier (et le Dernier Des Mohicans). Le seul dirigeant digne de ce nom. Le seul qui y croyait vraiment, de manière totalement désintéressée, sans aucun rapport avec la politique. J’ai punaisé aussi cette coupure de presse dans la salle des enseignants de l’École Arménienne Sour-Hagop, sur le tableau en liège.

Pendant un certain temps, je percevais de profonds parallèles entre le nationalisme vertueux des Québécois et celui d’une minorité d’Arméniens. J’y croyais aussi, ardemment. Aux deux.

J’ai cessé de croire au premier en 1995. Au deuxième, en 2018.

JE ME SOUVIENDRAI

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Entrée Principale

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L’argent!, puis…

Il vaut mieux assumer, reconnaître la réalité, que de tenter de réécrire l’Histoire.

Dans la nuit du 30 au 31 octobre 1995, avait lieu le deuxième référendum de l’histoire visant à faire accéder le Québec à la souveraineté, à transformer cette province du Canada en un pays indépendant.

Le soir de ce grand jour, le “Oui” à ce référendum – donc, le camp des indépendantistes – a perdu, avec une marge de moins de 1% des suffrages exprimés. Il convient de mentionner que le taux de participation avait été de l’ordre de 94%…

Lorsque les résultats ont été suffisamment dévoilés, Monsieur Jacques Parizeau, à titre de Premier Ministre du Québec, est monté sur l’estrade, pour prononcer un discours historique digne d’intérêt.

Il a commencé ce discours avec le commentaire suivant : « C’est vrai, c’est vrai qu’on a été battus, au fond, par quoi ? Par l’argent, puis des votes ethniques, essentiellement. Alors, ça veut dire que, la prochaine fois, au lieu d’être 60 ou 61 % à voter « Oui », on sera 63 ou 64 % et ça suffira. »

Beaucoup de choses ont été dites et écrites, au sujet de ce préambule du discours que Monsieur Parizeau a prononcé le soir du référendum de 1995.

Dans les jours qui ont suivi son décès – Dieu ait son âme – , nous avons cependant remarqué qu’il y a aussi une tentative d’éditer, d’épurer, de censurer le discours en question de Jacques Parizeau, en occultant carrément son passage introductif susmentionné.

Ainsi, dans son édition en ligne du 2 juin 2015, sous le titre “le Discours de Jacques Parizeau”, le journal Le Devoir a publié ce qu’il annonce comme étant le texte intégral du discours en question, dans lequel, cependant, nous ne trouvons nullement le préambule précité au sujet – entre autres – du vote ethnique.

re: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/441654/referendum-de-1995-le-discours-de-jacques-parizeau

De surcroît, “Le Devoir” prend soin de mentionner ceci : “Voici le texte intégral du discours prononcé par le premier ministre Jacques Parizeau le 31 octobre 1995. Ce discours de démission a été publié dans notre édition du mercredi 1er novembre 1995.”

Que devons nous comprendre de cette mise au point codée… ?

Que les propos controversés au sujet du vote ethnique ne faisaient pas partie du discours officiel de Monsieur Parizeau, et que donc, il faut les en dissocier ?

Pourtant, ces mots sont bien sortis de la bouche – et de l’esprit – de Monsieur Parizeau, volontairement, sur l’estrade, devant le micro branché – et devant la population entière du Québec et le monde entier, par médias interposé – , à un moment historique, où il s’exprimait officiellement à titre de Premier Ministre du Québec.

Par ailleurs, considérant que ce commentaire franc et spontané précède son discours autrement plus travaillé, il pourrait comporter une signification particulière, voire une valeur probante plus importante que le reste de son propos.

Dans son introduction du 2 juin 2015 à la publication du discours en question, Le Devoir tient aussi à souligner que le même texte “intégral” du discours concerné “a été initialement publié dans [leur] édition du mercredi 1er novembre 1995”.

Autrement dit, la modération éditoriale, l’occultation complaisante des propos en cause, la censure bienveillante, le révisionnisme, ne datent pas seulement du 2 juin 2015, mais qu’ils ont été pratiqués instantanément, le lendemain même de l’événement.

Ainsi, cette approche du journal Le Devoir ne vise pas à protéger la mémoire de Jacques Parizeau dans l’émotion du moment seulement, à l’occasion et en raison du décès de celui-ci seulement, mais cette tentative de soustraire les propos en question de la mémoire collective du Québec aura commencé dès le premier jour.

Nous prenons note de cette admission supplémentaire. On n’en demandait pas tant…

Tout cela confère une connotation plutôt ironique à ce qui fut autrefois un certain slogan publicitaire de ce journal, en l’occurrence : “Faut le Devoir, pour le croire! “

Cependant, pour être juste, relevons quand même que Le Devoir rectifie un fait important, lorsqu’il indique dans sa mention introductive précédant la publication du texte prétendument “intégral” du discours en cause de Jacques Parizeau, qu’il s’agissait d’un discours de démission.

Cela est vrai, et permet de rectifier l’allégation que Monsieur Parizeau aurait été contraint de démissionner, subséquemment, à cause de ses propos au sujet du vote ethnique.

Or, à lecture du discours, nous voyons bien que celui-ci comporte déjà la démission de son auteur. Laquelle n’aura donc pas été suscitée par des pressions ultérieures résultant des propos controversés en question.

Par contre, cette précision pourrait amoindrir quelque peu lesdits propos, puisque ceux-ci ne constitueraient même plus, seulement, l’expression de la déception – au demeurant, compréhensible -, mais carrément de la rancœur, de la rancune. Une sorte de débordement inconsidéré de quelqu’un qui livre cavalièrement sa pensée, sans se soucier de son effet outrageux, car il n’a plus rien à perdre. Avec une attitude de “après moi, le déluge”, en prime, ce qui n’est pas vraiment un cadeau pour ceux et celles qui voudraient continuer son œuvre. Comme testament politique, on pourrait faire mieux, pour le bien des légataires…

Mais tout cela étant dit, ce que nous dénonçons et critiquons, ici, ce n’est pas tant le commentaire de feu Monsieur Parizeau au sujet – entre autres – du vote ethnique, que la tentative de certains de vouloir effacer la réalité de ses propos, de les glisser sous le tapis.

Au-delà d’une certaine arrogance du journal concerné, lequel se considère comme une filière spéciale des Archives Nationales, alors que, depuis un bon bout de temps maintenant, il n’est plus qu’un quotidien banal, le procédé est déplorable, pour au moins deux raisons : a) de manière générale, il est illusoire d’établir le bilan final d’une personne en essayant de dissimuler son passif; b) en l’occurrence, il n’est pas établi que les propos en question de Monsieur Parizeau sont à inscrire totalement dans son passif, et si l’on veut assumer sa défense post-mortem, il conviendrait plutôt de les expliquer adéquatement. Dont acte.

Pour ce qui est de l’allusion au vote ethnique, si l’on fait abstraction des éléments émotionnels ou subjectifs, ce qui a été dit, mathématiquement parlant, n’est pas en soi inexacte.

N’importe quel membre de n’importe quelle communauté ethnique sait bien, perçoit bien, que la majorité massive des Néo-Québécois sont opposés à l’indépendance du Québec.

Jusque là, rien à dire. Il est vrai que si cette réalité avait été différente, le “Oui” l’emporterait à un référendum visant à faire accéder le Québec à l’indépendance.

Mais là où, avec respect, Monsieur Parizeau s’est trompé, c’est que, au niveau du calcul et des proportions des votes, ce n’est pas cela, le problème fondamental des indépendantistes du Québec.

Ce qui est surtout et essentiellement anormal, c’est que le “Oui” des francophones de souches n’aura pas réussi à dépasser, dans la meilleure des hypothèses – ou dans les meilleures “conditions gagnantes” – , une proportion peu reluisante. Plus que cela, les opposants les plus acharnés, puissants et efficaces à la souveraineté du Québec sont manifestement des francophones de souche. Pourtant, ceux-ci aurons été étrangement ménagés, dans le discours en question de Monsieur Parizeau… Son courroux était donc juste, mais mal dirigé.

Cependant, complétons ici ce sujet.

Pourquoi parle-t-on seulement de la référence au “vote ethnique”, dans les propos en question de Monsieur Parizeau.

Pourtant, il a non seulement dit aussi “l’argent”, mais il a même dit “l’argent” avant de dire “le vote ethnique”. Dans un ordre d’importance clairement indiqué entre les deux, même.

“… on a été battus, au fond, par quoi ? Par l’argent, puis des votes ethniques”

La cible première et primordiale de ce commentaire, c’était donc bien l’argent.

Et à quoi faisait-il allusion, Monsieur Parizeau, à ce propos ?

Le fait que, vingt ans plus tard, on doive soudain réfléchir à cet élément d’un commentaire qu’on a rapidement classé et classifié, pendant tout ce temps, sous la rubrique du racisme et de la xénophobie, démontre bien que Monsieur Parizeau a été traité injustement, dans ce sujet spécifique.

En invoquant l’argent comme la cause première de la défaite référendaire des Québécois souverainistes, notamment en 1995, Monsieur Parizeau faisait référence aux énormes montants d’argent qui avait été dépensés par le gouvernement fédéral, pour faire obstacle au “Oui”.

Or, si la légalité même de ces dépenses mirobolantes étaient, à tout le moins, fort discutable, celle-ci constituaient certainement, dans le sujet concerné, un manquement éhonté au fair-play élémentaire, un détournement politique radical des normes démocratiques, une violation brutale et grossière des “règles du jeu” que l’on déclarait pourtant valables et admises.

C’était ainsi la démonstration d’une duplicité, d’une fourberie et d’une hypocrisie systémiques, de la part de ceux et celles qui déclaraient en toute occasion qu’ils respectaient la volonté des Québécois, et qu’ils permettraient à cette volonté de s’exprimer librement, sans entorse, sans tricherie, sans magouilles, sans coups bas, etc.

Et cet argent, tout cet argent dénoncé à juste titre par Jacques Parizeau comme ayant altéré, vicié les résultats du référendum de 1995, il a servi à quoi, aussi ? Non, nous ne parlons même pas ici du scandale des commandites.

Tout cet argent a largement servi, aussi, à manipuler… le vote ethnique. Le grand rassemblement “patriotique” canadien, pan-canadien même, organisé quelques jours avant le scrutin, était destiné principalement à qui ? Ce drapeau canadien géant était censé émouvoir qui, en premier lieu ? Qu’il suffise donc de faire remarquer que cette manifestation aura été tenue à Montréal, et pas à Québec, ni dans une autre ville ou région du Québec.

Et il ne s’agit pas seulement de cela. Le procédé ne se limite pas à la campagne référendaire. Toute la politique fédéraliste au Québec – tous paliers étatiques confondus – , depuis plusieurs décades, vise à entretenir et à conserver l’attachement et la gratitude des “nouveaux arrivants” envers le drapeau devant lequel ils ont prêté leur serment de citoyenneté.

Or, cette politique comporte un budget, et un budget considérable, à long terme. Et l’argent est utilisé, à cet égard, à manipuler l’émotivité, la vulnérabilité, voire les complexes de certains immigrants. Ajoutons à cela les subventions ciblées, les divers événements politiques stratégiquement organisés, sans parler encore de pratiques douteuses – que l’on retrouve, hélas, dans toutes les élections de tous les pays du monde -, et la boucle est bouclée.

Et voilà l’injustice ultime.

Alors que l’on reprocherait à Monsieur Parizeau d’avoir stigmatisé les nouveaux Québécois par son commentaire malheureux et inexact sur le vote ethnique, ce qu’il aura fait, d’un certain point de vue, c’est de dénoncer, dans le même souffle, la manipulation et le détournement dudit vote par certains dirigeants politique fédéralistes indignes, sans morale et sans scrupule, par la force de l’argent. Conjuguée à leurs faux discours systématiques, bien entendu, à leurs propos mielleux et hypocrites, destinés au même électorat.

Or, ce sont les fédéralistes de ce genre qui passent pour des “défenseurs” traditionnels des minorités ethniques, alors que c’est Monsieur Jacques Parizeau qui serait dépeint – notamment, par ceux-là même – comme un xénophobe.

Alors que, quand on y pense, ses propos en question, ne serait-ce que par leur franchise, expriment plus de respect envers les Néo-Québécois et les nouveaux Canadiens, que ne le font certains politiciens fédéralistes qui, depuis plusieurs décades, les roulent dans la farine.

Car la condescendance de bon aloi, la langue de bois systématique, les discours politiquement corrects et la bien-pensance crasse ne risquent pas d’offenser grand monde… Même si, dans la réalité et dans les faits, ceux et celles qui les pratiquent sont les moins enclins à favoriser la véritable inclusion, à céder ne serait-ce qu’un pouce de leurs avantages, privilèges et prérogatives, découlant de l’antériorité migratoire dans ces contrées, avec les “nouveaux arrivants”…

Cette interpellation de feu Monsieur Jaques Parizeau, tout en étant inappropriée et erronée sur le fond, devrait donc donner quand même matière à réfléchir aux électeurs ethniques.

Évoquant les qualités de professeur émérite que fut Monsieur Parizeau, et eu égard à son départ récent de ce monde, disons que c’était comme un appel, certes sévère, voire quelque peu exagéré, mais néanmoins constructif et bien intentionné, lancé aux électeurs Néo-Québécois.

Car ses mots en cause seraient fondés alors sur une appréciation de l’intelligence réelle et des pleines aptitudes de ce groupe d’électeurs.

Comme quoi, dès lors, étant clairement et dûment avisés, il leur revenait de veiller à ne plus être les pions de quiconque…

Haytoug Léon Chamlian

Laval, 12 Juin 2015

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Entrée Principale

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Le Québec aux Québécois, assurément (mais lesquels… ?)

(Chronique radiophonique, 2015)

Depuis bientôt 10 ans, des acteurs politiques du Québec semblent être résolument engagés sur la voie d’un étrange combat contre… la religion.

En effet, c’est en Janvier 2007 que la Municipalité du village d’Hérouxville, en Mauricie, adoptait un “Code de vie”, visant à régir les normes de conduites sur le territoire soumis à son administration.

Destinés à d’éventuels immigrants, le texte expliquait – pour n’en citer que quelques perles – qu’il était “hors norme” de “tuer les femmes par lapidation sur la place publique ou en les faisant brûler vives“, qu’il fallait accepter les gymnases dotés de vitres transparents, et que la consommation de la viande se faisait sans égard à “la provenance du bœuf“, et peu importe “qui l’a tué, à quel endroit, de quelle façon ou quel jour“, etc., etc.

En fonction de ces quelques citations, vous aurez certainement remarqué déjà que le texte municipal en question ne vise pas seulement une religion – l’islam, pour ne pas la nommer -, mais aussi le judaïsme. Mais ne vous en faites pas, il n’y a pas de discrimination, puisque le christianisme n’est pas épargné non plus dans cette diatribe officielle, non seulement par l’implication sous-jacente que celui-ci est de toute manière hors de propos, déjà hors jeu si l’on peut dire, dans ce débat, mais en veillant aussi, par exemple, de présenter Noël tout au plus comme “une épinette avec des boules et quelques lumières“, en limitant son sens à des “réjouissances patrimoniales“, dénuées d’un quelconque sens spirituel spécifique.

On pourrait certes considérer que le texte en question, même s’il émanait d’une instance publique et politique, relevait plutôt d’un canular inapproprié. Il est en tout cas indéniable que son contenu comporte quelques éléments carrément humoristiques

Cependant, cela n’aura pas fait rire tout le monde… D’autant moins, que ce geste d’éclat ne constituait qu’un point culminant d’un vaste mouvement de base, et ne faisait qu’exprimer tout haut ce qu’une partie de la population pensait tout bas. Et pour ce qui est de l’aspect public du problème, comme il s’agissait là d’un texte signé par un Maire et l’ensemble de ses conseillers municipaux, tous élus en bonne et due forme, la crise avait manifestement débordé des balises habituelles de la langue de bois. C’était ainsi des politiques qui mettaient fin à la rectitude politique, dans le sujet en cause. Ils auront eu au moins ce mérite.

Mais le problème ne faisait que commencer encore. 

En février 2007, le gouvernement du Québec constituait la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, mieux connus sous le nom Commission Bouchard-Taylor (du nom de ses coprésidents).

Le rapport de cette docte Commission – au contenu quelque peu alambiqué, il est vrai -, n’a nullement réglé la situation, loin de là. Il convient de souligner notamment que ce sont les intellectuels présidant cette Commission qui, eux, semblent bien avoir choisi la voie de la rectitude politique, puisque leur conclusion principale même consiste à nier la réalité du conflit à tout le moins naissant entre les diverses composantes de la population et de la société québécoises.

La surenchère politique a cependant continué, jusqu’à aboutir au projet de Loi appelé “Charte des valeurs québécoises”, que le gouvernement du Québec a envisagé de faire adopter à l’Assemblée Nationale, en 2013-2014.

Là, aucun sens de l’humour au monde ne pouvait atténuer la gravité de cette démarche.

Rappelons que ce projet reste en vigueur, soit essentiellement tel quel, dans les rangs de l’Opposition actuelle à Québec, soit dans une version qui serait quelque peu édulcorée, selon les indications du Parti au pouvoir.

Le débat est large, et dans le cadre de cet éditorial – somme toute sommaire -, il convient donc de le circonscrire (espérons que ce terme, par confusion avec un autre, ne contrevient pas au Code de conduite d’Hérouville…).

 De quoi est-il question, essentiellement ?

Selon les apparences, les arguments publics et la thèse officielle : cette “charte” aurait pour objectif principal d’instaurer la laïcité au Québec.

Or, sans qu’elle soit adoptée – encore… -, ce projet de loi, non seulement au niveau des avis et arguments qu’il a suscités, mais même, dans au moins un étrange cas de ce qu’on pourrait considérer sa mise en application anticipée, a déjà mené à des dérives déplorables, plus ou moins loufoques.

Cependant, la confusion la plus sérieuse à cet égard consiste à estimer que la notion de laïcité ne prévaut pas seulement dans la sphère étatique, mais qu’elle s’appliquerait également sur le plan personnel et privé.

Mais s’agit-il vraiment d’une confusion… ?  Ne serait-ce pas plutôt une juste lecture, une interprétation perspicace du contenu latent de cette fameuse charte. Des lapsus, en quelque sorte, trahissant les véritables objectifs de ce mouvement qui voudrait se présenter comme un garant de la séparation de l’État et de le Religion.

Car au fait, y a-t-il la moindre inquiétude – actuelle ou même seulement prévisible – , au Québec, de voir une autorité religieuse quelconque s’immiscer au sein de l’État… ?

Ce fut certes le cas, durant la période dite de “Grande Noirceur”. Mais à partir de 1960, avec la Révolution Tranquille, cette page est tournée, à tout jamais. L’Église, au Québec, a définitivement disparu, dans tous les domaines publics. Elle n’est pas loin d’ailleurs de disparaître dans tous les autres domaines aussi…

L’argument de la laïcité, dans ce sujet, est clairement fallacieux.

Alors, parlons franchement.

Sous prétexte d’instaurer la laïcité, ce que d’aucuns tentent de faire, c’est de pratiquer l’exclusion en toute légalité, et de forcer les nouveaux Québécois à l’assimilation…

Mais l’assimilation… à quoi, à qui, exactement ?

Les ténors de ce mouvement citent souvent l’exemple de la France, au soutien de leur cause.

Or, c’est un exemple manifestement déplacé, irrecevable.

Car le multiculturalisme est proscrit, en France, alors qu’au Québec, il s’agit d’une notion non seulement admise et acceptée par la Société, mais dûment enchâssée dans les Lois et dans la Constitution en vigueur.

Au-delà de l’aspect juridique, c’est une notion sur laquelle est bâtie, est fondée le Québec, à tous égards.

En conséquence, quel que soit le moule unique dans lequel on voudrait façonner les néo-québécois, supposé même qu’il existât un tel moule unique, la démarche constitue une violation flagrante du système de multiculturalisme établi au Québec.

Tel qu’on l’a dit, cette constatation, évidente, ne se réfère pas seulement à la dimension juridique du problème. Mais à cet égard même, l’utilisation de ce qu’on appelle la clause “nonobstant”, soit cette disposition permettant à une province de soustraire ses Lois à la Constitution canadienne, dans l’hypothèse encore où elle résisterait à l’intervention des Tribunaux, ne réglerait pas le problème.

Car la Charte des valeurs québécoises contrevient également aux divers éléments d’une multitude de Lois promulguées par l’Assemblée Nationale du Québec même, se rapportant tous, sans nécessairement le nommer, directement ou indirectement, au concept de multiculturalisme. À commencer, notamment, par la Charte des droits et libertés de la personne, une Loi dite “quasi-constitutionnelle” adoptée par Québec depuis 1975.

Cependant, le problème fondamental se situe au-delà de la discussion juridique, et nous aurions tort d’avoir peur de le révéler, pour le confronter, dans toute sa vérité.

Toujours par analogie avec la France – puisque nos dirigeants politiques concernés aiment bien l’invoquer, au soutien de leurs opinions – : là-bas, il existe un creuset essentiel dans lequel peuvent et devraient fusionner tous les immigrants. Il s’agit d’une identité nationale distinctement identifiable, forgée à travers les siècles, et fondée, dans sa version contemporaine, sur un socle actuel et moderne de valeurs communes, dites républicaines.

Quel serait donc l’équivalent d’un tel creuset de fusion, d’assimilation, au Québec ?

Notre Société Distincte est constituée, pour commencer, par trois peuples dits fondateurs.

L’immigrant, le Québécois chronologiquement récent, serait appelé à s’assimiler à laquelle des cultures issues de ces peuples fondateurs ?

Par ailleurs, eu égard à la portée quelque peu relative de la chronologie applicable, ne pourrait-on pas argumenter que l’ensemble des néo-Québécois constituent le quatrième peuple fondateur du Québec ?

Et non seulement parce que, indéniablement, le Québec actuel n’aurait pas été ce qu’il est, au niveau de son développement fondamental et vital, sans ces nouveaux Québécois.

Mais aussi parce que, en réalité, ces nouveaux Québécois, présentés comme étant d’origine telle ou telle, ont déjà perdu leur identité originelle.

Dès la première génération, ces immigrants, quels qu’ils soient, sont adaptés, intégrés à leur terre s’accueil. Quelques générations plus tard, pour la majorité massive d’entre eux, leur origine dite “ethnique” n’est plus qu’une image. Demandez voir, un peu, aux habitants des pays dont proviennent ces néo-québécois… Vous verrez probablement leurs sourires narquois quand on parle de ceux qui sont partis s’installer ailleurs, un sourire qui s’élargira de plus en plus, à l’évocation de l’identité nationale “originelle” des enfants, des petits-enfants et des autres descendants continuels encore de ces émigrés initiaux…

De ce point de vue, les néo-québécois seraient ainsi l’ultime peuple fondateur du Québec, issus de la fusion entre leur identité ethnique originelle et l’identité québécoise.

Reprenons cependant le cours de notre réflexion.

Le mouvement de laïcisation, au Québec, de prime abord, prend plutôt la forme d’un combat contre les religions, son objectif ultime étant cependant l’assimilation des immigrants et des néo-Québécois.

Dans cette optique, les idéologues concernés auront compris, à juste titre, que la religion ne se situe pas seulement dans une dimension spirituelle, mais qu’elle constitue aussi une composante de l’identité ethnique ou nationale originelle d’une partie importante desdits immigrants et néo-Québécois. Et non, nous ne faisons pas là allusion, seulement, aux musulmans… Ni même en premier lieu, d’ailleurs…

Par contre, ce qui aura échappé à ces mêmes idéologues, c’est que la religion constitue aussi un élément distinctif d’une certaine identité québécoise dite “de souche”.

Et voilà le paradoxe ultime : en voulant affirmer, préserver ou promouvoir une certaine identité québécoise, le mouvement de laïcité au Québec contribue aussi, voir avant tout, à l’effritement supplémentaire de ladite identité québécoise.

En voulant éradiquer vaillamment quelques hijab, kirpans ou kippas, ils mettent aussi en péril la croix et le crucifix. Ou le peu qu’il en reste…

Alors qu’on pourrait argumenter qu’ils ont plus besoin de ces signes, pour leur affirmation nationale, que les immigrants auraient besoin des leurs, pour préserver leur identité originelle.

Ce débat, apparemment interminable, s’apparente à une crise sociale fondamentale, qui ne fait que commencer.

Que Dieu nous aide à nous en sortir…

Haytoug Léon Chamlian

14 mai 2015

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